dim. Mar 3rd, 2024

La construction de la Chapelle royale s’achève à la fin du règne de Louis XIV, en 1710, marquant la cinquième et dernière chapelle érigée dans le château depuis l’époque de Louis XIII. En 1699, Jules Hardouin-Mansart présente le plan de la chapelle au Roi. Cependant, le Premier architecte décède en 1708 avant la conclusion des travaux, lesquels sont finalisés par son beau-frère Robert De Cotte. Considéré comme le dernier grand chantier de Louis XIV, l’architecture générale du bâtiment puise son inspiration dans le style gothique, avec son élévation, ses grandes verrières et ses contreforts. La Chapelle est dédiée à Saint Louis, le saint patron du Roi et ancêtre de la maison royale. Son allure générale évoque la Sainte-Chapelle de Paris, fondée par Louis IX. L’intérieur, organisé en deux niveaux, suit la disposition traditionnelle des chapelles palatines, mais son traitement architectural, caractérisé par une puissante colonnade au premier étage, témoigne ostensiblement de l’influence de l’Antiquité. Le plafond de la voûte, conçu par Hardouin-Mansart pour être dépourvu de tout arc doubleau, forme une surface parfaitement unie consacrée à la Sainte-Trinité.

Au centre, on trouve Dieu le Père dans sa gloire, magnifiquement représenté par Antoine Coypel. Dans l’abside, Charles de La Fosse donne vie à la scène de La Résurrection, et au-dessus de la tribune royale, Jean Jouvenet présente La Descente du Saint-Esprit. Une anecdote intéressante éclaire la vie quotidienne de la Cour. Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Le roi lui-même se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille, tandis que les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef, les « officiers » et le public étaient présents. Le roi descendait rarement, réservant sa présence aux grandes fêtes religieuses, aux cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, aux baptêmes, et aux mariages des Enfants de France, célébrés à la Chapelle de 1710 à 1789. Au-dessus de l’autel, entourant l’orgue de Clicquot orné d’une remarquable représentation en relief de Roi David, et joué par des maîtres renommés tels que François Couperin, la musique de la Chapelle, célèbre dans toute l’Europe, résonnait quotidiennement avec des motets tout au long de l’office.

Lancé en 2018, le chantier de la restauration extérieure de la Chapelle royale est désormais achevé.

Ce bâtiment exceptionnel, véritable testament architectural de Louis XIV édifié à la fin de son règne, est l’ultime grande transformation de la résidence voulue et menée par le Roi Soleil lui-même. Plus de quarante ans après sa dernière restauration, la Chapelle royale nécessitait une intervention urgente sur la couverture, les parements, les décors sculptés et les vitraux. Durant plus de trois ans, près de 150 artisans se sont succédés afin de mener cette opération patrimoniale majeure, rendue possible grâce au soutien de quatre grands mécènes du château de Versailles. User Une grande entreprise de restauration dans le respect des traditions. Après avoir traversé les siècles avec seulement quelques rénovations mineures, la Chapelle royale avait besoin d’une restauration générale. Le toit et ses parements, la statuaire, les vitraux et la charpente viennent de bénéficier d’une remise en état à même de conserver l’harmonie si spécifique du bâtiment et de le sauvegarder. Cette entreprise considérable a fait intervenir une multitude de corps de métiers et d’expertises essentiels à la conservation du patrimoine. Maîtres couvreurs, maîtres charpentiers, tailleurs de pierre, sculpteurs, maîtres verriers, vitriers, doreurs, serruriers, etc. : les savoir-faire ont été au cœur de cette première restauration d’ampleur. Une charpente exceptionnelle. Invisible à l’œil des visiteurs, la charpente de la Chapelle royale est pourtant l’un des éléments majeures du monument.

La complexité de sa conception et son assemblage de pièces massives taillées dans du bois de chêne est une œuvre en elle-même. Lors des opérations de démontage, la structure d’ensemble, à première vue correcte, s’est révélée très dégradée en partie basse. À l’issue de cette découverte, d’importantes interventions supplémentaires ont donc été réalisées afin de consolider la base de la charpente. Parallèlement, sur la toiture, les ornements de la couverture en plomb ont été restaurés, avant d’être remis en dorure afin de redonner à l’édifice son aspect original disparu au cours du temps. Des vitraux de la Manufacture royale des glaces. Véritable particularité du bâtiment : les fenêtres. Leurs proportions élancées baignent de clarté l’intérieur de la Chapelle royale. Une telle impression est rendue possible par la seule technique des glaces (c’est-à-dire un verre épais, transparent, parfait sur le plan optique) qui laisse entrer la lumière à flots, un véritable luxe à l’époque. En 1665, Louis XIV crée la Manufacture royale des glaces (ancêtre de l’actuelle entreprise Saint-Gobain), qui fournira les miroirs de la galerie des Glaces et les glaces des vitraux de la Chapelle royale. Une attention toute particulière a donc été accordée à ces éléments.

Les menuiseries métalliques qui permettent l’articulation entre glaces et vitraux ont été entièrement démontées. Les baies ont été redorées et des travaux de serrurerie et de restauration des vitraux ont été réalisés. Des analyses poussées ont été effectuées sur les glaces afin de mieux distinguer les verres d’origine et ceux provenant des dernières restaurations. Ces analyses ont constitué une aide précieuse pour les travaux tout en permettant une meilleure connaissance de cet ensemble vitré exceptionnel. Virtuosité du décor sculpté. La qualité du décor sculpté de la Chapelle royale est sans conteste une part essentielle de sa spécificité. Gargouilles, torchères, chapiteaux de pilastres, têtes de chérubins des fenêtres, baies encadrant les 46 ouvertures, bas-reliefs, ce ne sont pas moins de 140 éléments sculptés qui ont été retravaillés en atelier ou in situ au cours du chantier. Il s’agit d’un travail important tant par l’ampleur de la tâche que par la qualité des œuvres restaurées. Ces interventions ont également concerné les grandes sculptures monumentales présentes sur la balustrade et le fronton central de la façade ouest du bâtiment, réalisées par les principaux artistes du XVIIIe siècle et caractéristiques de l’esthétique du monument. Un chantier de grande ampleur pour sauvegarder un chef-d’œuvre du patrimoine.

Une étude préalable, réalisée par une équipe pluridisciplinaire, sous la direction de l’architecte en chef des monuments historiques en charge du château de Versailles, Frédéric Didier, a permis d’étudier en détail tous les aspects de la pathologie du monument. Elle a mis en évidence de graves désordres structurels confirmant l’absolue nécessité d’une action rapide. Sur la charpente, sans conteste la plus remarquable du château, des problèmes de stabilité ont généré des poussées qui se sont répercutées dans d’importantes fissures sur les maçonneries d’appui, tandis que des fuites dans les parties supérieures occasionnaient un pourrissement évolutif des bois et menaçaient les peintures de la voûte. La toiture, les ardoises étaient à renouveler complètement, tandis que les ornements de plomb sculptés présentaient des affaissements et des déchirures préoccupantes, également sources de fuite. La corrosion des armatures des vitraux, phénomène évolutif, devait être également traitée prioritairement. Enfin, la statuaire de pierre et les ornements de façade subissaient une inexorable dégradation qui a fait disparaître progressivement le relief et le dessin des sculptures et constituait une menace, à terme, pour la sécurité du public.

Une restauration Ambitieuse

La Chapelle royale, chef-d’œuvre de Jules Hardouin-Mansart, est l’aboutissement des travaux de Louis XIV à Versailles. Elle allie l’élan vertical des saintes chapelles gothiques à la virtuosité baroque d’un décor foisonnant sculpté, peint et doré. Par l’emploi de la colonne libre, elle est un symbole précurseur de l’architecture religieuse de la fin du XVIIIe siècle. Elle nous parvient pratiquement dans son intégrité, hormis le lanternon déposé moins d’un demi-siècle après son achèvement, avant tout pour des motifs techniques. Une réflexion approfondie sur l’état de présentation de la Chapelle a été menée préalablement au chantier, afin que la restauration s’intègre et se fonde parfaitement à l’ensemble du palais. La durabilité de la restauration, par le soin apporté à la qualité des matériaux comme à la mise en œuvre, était également un critère prépondérant dans cette opération.

Dans la continuité des restaurations de Versailles menées depuis plusieurs années, le projet a été élaboré suivant la doctrine des « états historiques » avec comme état de référence 1789, c’est-à-dire le dernier aspect de la résidence royale avant sa transformation en musée. C’est ainsi que les menuiseries métalliques et les décors en plomb de la toiture, dans la continuité des travaux menés autour de la cour de marbre, ont retrouvé leur finition dorée qui les caractérisaient sous l’Ancien Régime. L’essentiel des ouvrages en place est largement authentique et a été traité en conservation. Charpente, plombs décoratifs de la toiture, menuiseries métalliques et vitraux, décors sculptés en pierre, etc. ont été pris en charge par des entreprises hautement qualifiées, tantôt à l’aide de techniques traditionnelles, tantôt grâce à des techniques de pointe. Concilier une présentation du monument à la hauteur de son ambition architecturale et décorative, et conserver durablement un patrimoine exceptionnel, a été l’enjeu de ce chantier monumental. Cette restauration a permis de redécouvrir, de mieux connaître et de remettre en valeur ce bâtiment exceptionnel. Au-delà de sa préservation, il s’agissait de lui redonner tout son sens et sa lisibilité. Il fallait également retrouver la cohérence voulue par les architectes du Château, pour les façades côté ville.  

La charpente

La charpente de la Chapelle est sans contexte la plus belle et la plus intègre du Château : la complexité de la conception, la densité et la taille imposante des éléments structurels, l’extrême précision de leur débitage et de leur assemblage, représentent autant d’aspects remarquables. La structure principale de la charpente est constituée de six fermes dont l’emplacement correspond au rythme des travées de façade. Entre ces pièces, une dense structure de chevrons soutient uniformément la couverture et ses ornements en plomb. Une large majorité des éléments en chêne qui composent la charpente est d’origine et son état de conservation était relativement correct. Mais plusieurs fuites récentes avaient contribué à dégrader les bois du faîtage et occasionné un affaissement important de l’angle sud-est, qui justifiait une restauration d’envergure.

D’autre part, en 1937, la structure avait été renforcée par la mise en place de tirants métalliques, ouvrages nécessaires mais placés trop haut et gênant l’accès aux passerelles de visite. Parallèlement, une cloison grillagée et plâtrée fut ajoutée au milieu du comble pour lutter contre la propagation des incendies. La qualité de la charpente, ouvrage certes caché mais d’un intérêt patrimonial exceptionnel, a conduit, lors du chantier de restauration, à respecter son intégrité avec des reprises traditionnelles à l’identique des parties endommagées. La restauration a également permis de retrouver l’intégrité du volume du comble par la suppression de la cloison plâtrée. Cela a redonné une lecture des vestiges historiques de la structure de l’ancien lanternon, dont les départs sectionnés ont été soigneusement conservés. Les tirants ont été remplacés par d’autres plus discrets situés au niveau des entraits, des passerelles d’entretien en bois ont été mises en place, et les équipements de sécurité renouvelés ou améliorés (détection incendie, ventilation naturelle, etc.).

La Couverture et les Plombs Décoratifs

En dépit de la disparition du lanternon sommital, déposé dès le règne de Louis XV, le grand comble est un organe déterminant de l’aspect extérieur de la chapelle, par ses dimensions colossales et la profusion de son décor sculpté, qui poursuit jusqu’au sommet du monument l’ambition décorative entamée sur les façades en pierre de taille. Ces ornements en plomb, anciennement dorés et contrastant avec les versants en ardoises, soulignent remarquablement les lignes principales de la toiture, « mais aussi, de manière quasi autonome, font de la chapelle un immense reliquaire d’orfèvrerie ». Ils comprennent principalement deux groupes sculptés de trois anges placés aux extrémités du comble, réalisés en 1707 par Guillaume Coustou et Pierre Lepautre. Les versants sont scandés par six lucarnes ornées d’une couronne royale et de têtes de chérubin à quatre ailes déployées sur deux volutes.

L’ornementation du faîte associe verticalement une crête, un bourseau et une frise : – La crête est caractérisée par la succession de doubles consoles surmontées par une fleur de lys et intercalées par des fleurons ; ces éléments sont directement fixés aux pannes faîtières. – Le bourseau est constitué d’un tore de baguettes à palmes tournantes. – La frise décorative se compose d’une partie plane, ponctuée par des fleurs de lys en relief, surmontant des campanes à fleur de lys, houppes et fleurons. À l’intersection avec les faces d’arêtier, des têtes de chérubin à ailes repliées interrompent cette ordonnance en soulignant ce décroché. Avant les travaux, la couverture d’ardoises était vétuste et n’assurait plus sa fonction d’étanchéité et de mise hors d’eau du monument. L’ensemble des plombs décoratifs a connu différents phénomènes d’oxydation, recouvrant presque totalement la surface du métal. Ils ont ainsi pris des teintes variées. Depuis les années 1970, presque tous les éléments sont soudés au support et les dilatations thermiques ont fini par fatiguer le plomb et créer des fissures. Les groupes sculptés en plomb

Les menuiseries et les vitraux

La Chapelle royale de Versailles est un monument complètement novateur, pour son époque, dans sa plastique, tout particulièrement dans sa composition intérieure. Un véritable péristyle dressé sur un étage d’arcades, contribue à l’élancement du bâtiment favorisant, ainsi, l’entrée de la lumière qui déferle par de grands panneaux de glaces blanches, courbées et polies, sans aucun réseau de plomb ni réhaut de grisaille. Ces glaces sont encadrées de bordures plus traditionnelles montées au plomb et peintes, rehaussées d’émaux et de jaune d’argent. Un véritable luxe au XVIIIe siècle. Les ossatures métalliques des vastes baies cintrées sont dotées d’ouvrants, conçues avec le même souci du détail et la même technicité que de véritables menuiseries en bois. Leur dorure intérieure et autrefois extérieure participait à l’éclat de la lumière et relayait la dorure des toitures comme du décor intérieur. Avant la restauration, ces exceptionnelles menuiseries métalliques d’origine et leurs vitraux présentaient de multiples pathologies (corrosion, fragilité des émaux notamment). Compte tenu de leur grande préciosité, ces ouvrages ont été traités largement en conservation. Les armatures ont reçu un traitement anti-corrosion durable. Leurs parties ouvrantes ont fait l’objet d’un soin particulier de remise en jeu.

Cela a imposé le démontage des glaces et des vitraux, qui ont été restaurés en atelier. Les glaces (verres incolores) étaient en bon état de conservation. Avec seulement des altérations physico-chimiques très limitées, il s’agissait d’une simple irisation. On retrouvait en face extérieure des coulures d’eaux pluviales, accompagnées parfois de rouille. Sur les bordures, quelques cassures des verres et des plombs de casse ont été localisés dans les parties basses de l’édifice. Malgré les différences entre les typologies de verres peints, correspondant aux interventions successives de restauration et de remplacement, le décor pictural qui enrichit les bordures des vitraux restait lisible et plutôt cohérent. Très peu d’altérations ont été observées sur les grisailles, les sanguines et les jaune argent. L’essentiel du traitement a consisté donc, outre des repiquages ponctuels, en un nettoyage et un refixage des émaux, et quelques remises en plomb. La touche finale de la restauration des baies a été apportée par la dorure des armatures métalliques. Leur dorure extérieure, attestée par les documents d’archives et les représentations anciennes, a été rétablie, tandis que leur dorure intérieure a été restaurée en conservation.

Décors sculptés

L’ampleur et la richesse du décor sculpté de la Chapelle royale en font incontestablement un chef-d’oeuvre de l’art sacré. Le décor sculpté monumental couronnant la balustrade et le fronton central de la façade ouest de la Chapelle royale est composé de trente-et-une statues. Elles sont l’oeuvre de seize sculpteurs, parmi les plus talentueux du XVIIIe siècle : Guillaume Coustou, Corneille Van Clève, Sébastien Slotz … Soigneusement déterminé, le programme iconographique de cet ensemble mêle allégories et grandes figures du christianisme. Les quatre évangélistes y côtoient les douze apôtres, les quatre Pères de l’Église latine, les quatre Pères de l’Église grecque et six allégories des vertus chrétiennes. L’ensemble se distingue par sa forte expressivité. Hanchements, effets de mouvement et gestes de démonstration suscitent ainsi une grande variété d’attitudes, tandis que les jeux de regards entre les statues disposées côte à côte suggèrent autant d’échanges pris sur le vif.

La virtuosité technique des sculpteurs est également décelable dans les drapés, tant dans la souplesse et la légèreté du rendu que dans le détail des bandes de dentelles. Enfin, l’accentuation délibérée des plis des vêtements et des ombres des visages est due à la position en hauteur des statues, et vise à en faciliter la perception depuis le sol. Lors du chantier de restauration, le principe des opérations sur les sculptures a été d’assurer la conservation in situ des existants. L’intervention s’est limitée à un nettoyage, un traitement biocide et à des remplacements de pierres strictement nécessaires, lorsque les altérations du matériau étaient profondes. Les grandes statues de la balustrade ont été restaurées en conservation, l’état des originaux étant compatible avec une pérénisation sur place. Les tirants métalliques de maintien et les consoles sur lesquelles reposent les sculptures ont été révisées. Seuls les pots à feu à la base de la toiture ont fait l’objet d’une réfection plus systématique. Ils avaient déjà connu de mutiples réfections, compte tenu de leur inaccessibilité et de leur emplacement très exposé. En revanche, sur les bas-reliefs, seuls les blocs illisibles ont été remplacés ainsi que certaines restaurations trop médiocres. Les parements courants en pierre de taille étaient dans un état de conservation satisfaisant, hormis la façade nord, mais les différences de nature de pierre utilisées au cours des siècles posaient des problèmes à la fois esthétiques et techniques.  

La chapelle royale, dernier chantier de Louis XIV

C’est en 1687 que Louis XIV valide le projet de construction d’une grande chapelle au sein du château de Versailles, après plusieurs emplacements provisoires. Ce chantier, avec celui de la galerie des Glaces, représente l’aménagement le plus prestigieux et le plus audacieux apporté à l’édifice et la dernière grande modification apportée sous le règne du Roi-Soleil. Le projet, mené par Jules Hardouin-Mansart et achevé par Robert de Cotte en 1710, consiste en l’élévation d’un nouveau bâtiment, entre le corps central et l’Aile Nord. Hormis la suppression en 1765 de son lanternon, la chapelle ne subit aucune transformation notable au cours du temps. La Chapelle royale est un édifice paradoxal, à la fois oeuvre autonome et partie intégrante du palais, elle est l’expression la plus aboutie du grand style royal voulu par Louis XIV. Édifice riche de sens et complexe, elle allie l’élan vertical et le caractère de « châsse de lumière » des saintes chapelles gothiques, à la virtuosité d’un décor foisonnant baroque, où l’or, emblématique du Roi-Soleil, se trouve répandu à profusion.

Chef-d’oeuvre absolu, la Chapelle royale marque une parfaite symbiose entre architecture et décor. Les plus grands artistes de l’époque – architectes, peintres, et sculpteurs – ont participé à la réalisation de son fastueux décor intérieur. Conformément à la tradition des chapelles palatines, le bâtiment comporte deux étages. La tribune principale, située au-dessus de l’entrée, était réservée à la famille royale. Sur les tribunes latérales, au-dessus des bas-côtés, prenaient place les Princes de sang et autres dignitaires. Le reste de la cour se tenait au rez-de-chaussée. L’extérieur de l’édifice, concerné aujourd’hui par les travaux de restauration, est en pierre. Il offre des élévations puissantes et structurées par des pilastres corinthiens encadrant de larges et hautes baies cintrées munies de vitraux de verre peints. Un grand entablement couronne les deux premiers niveaux et sert de socle à une balustrade ponctuée de vingt-huit sculptures exécutées par Corneille Van Clève, Jean-Baptiste Théodon et Guillaume Coustou, notamment. L’élévation de l’édifice se poursuit au troisième niveau, placé en retrait et composé de baies. Ces dernières scandées de pilastres incurvés formant contreforts, éclairent la voûte intérieure peinte par Antoine Coypel, Charles de La Fosse et Jean Jouvenet. Au-dessus, prend place le grand comble d’ardoises garni d’ornements en plomb et décoré, à ses extrémités, de deux groupes réalisés par Guillaume Coustou et Pierre Lepautre. Ces décors étaient autrefois dorés pour être en harmonie avec l’ensemble des toitures du corps central du côté de la ville.  

Les acteurs du chantier

Maître d’ouvrage : Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles / Direction du patrimoine et des jardins

Maître d’oeuvre : Frédéric Didier ACMH – 2BDM Architectes

BET Technique : COSEBA Ordonnancement, Pilotage, Coordination : DIRECT & ORG-GO Coordonnateur S.P.S : Acor Etudes Bureau de contrôle : APAVE

Les différentes entreprises par lots

Lot 1 : Échafaudages LAYHER

Lot 2 : Maçonnerie – Pierre de taille H.CHEVALIER

Lot 3 : Sculpture / Restauration de sculptures en pierre Groupement TOLLIS et ART GRAPHIQUE ET PATRIMOINE

Lot 4 : Restauration de sculpture en plomb SOCRA

Lot 5 : Charpente AUBERT LABANSAT

Lot 6 : Couverture – Ornements métalliques – Ligne de vie – Paratonnerre SAS LE BRAS Frères

Lot 7 : Vitraux VITRAIL France

Lot 8 : Menuiserie – Serrurerie ATELIERS SAINT JACQUES

Lot 9 : Peinture – Dorure ATELIER GOHARD

Lot 10 : Électricité SPIE

Lot 11 : Désamiantage – Déplombage AMIANTE SERVICES

Une fédération de mécènes

Ce chantier colossal et urgent n’aurait pu être mené sans le soutien des mécènes du château de Versailles. Dès 2016, après la restauration du bassin de Latone, la Fondation Philanthropia a annoncé son engagement en tant que mécène principal de la Chapelle royale.

En effet, ce chantier s’inscrivait pleinement dans l’engagement de la Fondation en faveur de la préservation du patrimoine et de la transmission des savoir-faire des métiers d’art. L’idée était de fédérer rapidement d’autres partenaires autour de ce projet.

C’est ainsi que l’entreprise Saint- Gobain, dont l’histoire est intimement liée au château de Versailles, a décidé en 2018 de soutenir cette opération d’envergure.

La maison Dior s’est également associée à cette restauration qui a permis de perpétuer et d’enrichir plus encore les liens l’unissant, depuis sa création, au château de Versailles.

Enfin, JCDecaux, dans le cadre d’un mécénat de compétences, a apporté son savoir-faire pour la mise en place de la toile monumentale décorative masquant le chantier et son éclairage.