lun. Juil 22nd, 2024

Située sous le parvis de la Cathédrale Notre-Dame, la Crypte archéologique présente les vestiges découverts lors des fouilles réalisées de 1965 à 1970 et offre un panorama unique sur l’évolution urbaine et architecturale de l’île de la Cité, cœur historique de Paris.

Au sein d’un parcours permanent, une exposition temporaire est dédiée à cet acteur incontournable de l’histoire de Paris qu’est la Seine. Une série d’objets archéologiques, issus de recherches ou de collectes, rappelle les interactions entre l’homme et le fleuve, à travers les fragments d’une histoire commune depuis la Préhistoire.

 

La découverte de la Crypte

 

La Crypte archéologique de l’île de la Cité abrite des vestiges du Paris antique, médiéval et d’époque moderne mis au jour entre 1965 et 1972 lors de la construction d’un parc de stationnement souterrain. Cette fouille, exceptionnellement
conservée en plein cœur de la capitale, est l’unique site archéologique ouvert au public à Paris. Sur près de 1800 m2, il témoigne des transformations de la ville, dès sa fondation à la fin de la conquête de la Gaule par Jules César.

Le parvis de Notre-Dame apparaît en 1163 avec la construction de la cathédrale. C’est alors une placette étroite qui ne permet pas de recul sur la façade : les notions de perspective et de mise en valeur des monuments n’existent pas dans la ville médiévale. La place prend sa configuration actuelle en 1877, au moment de la construction du nouvel Hôtel-Dieu.

Au XXe siècle, l’automobile conquiert Paris. Dans les années 1950-1960, on compte alors 20 000 voitures qui traversent quotidiennement l’île de la Cité.

Il faut attendre 1963 pour qu’une délibération municipale envisage l’arrêt de la circulation automobile devant la cathédrale et la construction d’un stationnement souterrain.

André Malraux, Ministre des Affaires culturelles, demande en 1967 un projet pour une nouvelle place.
Le 16 juillet 1965 débutent les fouilles confiées à la Commission du Vieux Paris. Elles révèlent, dans un grand enchevêtrement de murs, des restes de multiples constructions datant des grandes périodes d’occupation de l’île. Devant l’importance des vestiges, l’archéologue Michel Fleury obtient la modification du projet de parking qui est repoussé au sud du parvis, à un emplacement où il n’y a pas de constructions antiques. Toute la fouille est maintenue en place telle que le visiteur la voit aujourd’hui.
En 1969, deux architectes, André Hermant et Pierre-Jean Jouve, sont choisis par le ministère des Affaires culturelles pour aménager le site archéologique et le protéger.
En 1980, est inaugurée la première Crypte archéologique de France.

 

CHIFFRES CLÉS
1965-1972 : Fouilles archéologiques sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris
1974 : Création de la Crypte
1980 : Ouverture au public
2000 : La Crypte est rattachée officiellement au musée Carnavalet – Histoire de Paris
2 200 m2 de surface dont 1 800 m2 pour la présentation des vestiges archéologiques

 

 

Un nouveau parcours archéologique

Le parcours archéologique est consacré à l’histoire du Paris antique, médiéval et d’époque moderne et bénéficie de l’accompagnement d’une nouvelle médiation.

La première partie est dédiée au rempart du IVe siècle, vestige de la première fortification de Lutèce au moment des premières invasions barbares.
Ces imposants blocs de pierre forment le soubassement du rempart. Ils ont été récupérés sur les monuments de la rive gauche de Lutèce – nom antique de Paris.
Ils ont gardé des traces de leur précédent usage, comme des marques d’outils et des lettres d’anciennes inscriptions.

L’ensemble suivant est un vestige du premier Hôtel-Dieu : un pilier de fondation de la grille du jardin de l’ancien édifice. Le plus vieil hôpital parisien est construit au coeur de l’île de la Cité, au milieu du VIIe siècle. Au XIXe siècle, l’hôpital est déplacé au nord de l’île pour répondre aux besoins des malades.

Une troisième partie est constituée du premier port de Lutèce dont il n’en reste qu’un seul mur de quai, situé en contrebas, aménagé après la colonisation de Lutèce par les Romains. Son emplacement actuel révèle que la surface de l’île était plus réduite. Les bateaux y accostaient pour décharger ou embarquer des marchandises.

Plus loin sur le parcours, on découvre la cave médiévale d’une demeure alignée sur la rue Neuve-Notre-Dame. Large de six mètres, elle est délimitée par d’étroites constructions à plusieurs niveaux de sous-sol : les maisons de la Nasse, de l’Agnus Dei et de Saint-Victor. A côté, un long mur appartient à l’ancien hospice des Enfants-Trouvés, premier orphelinat parisien construit par l’architecte Germain Boffrand entre 1746 et 1750, à la demande du roi Louis XV. L’édifice est détruit en 1877 pour agrandir le parvis de la cathédrale.

La sixième et dernière partie s’intéresse aux thermes antiques dont les nombreux vestiges présents dans la Crypte témoignent des transformations de la ville à la fin de l’Antiquité. Ces thermes furent en activité jusqu’au début du Ve siècle. On entrait dans le vestiaire et la salle froide par une petite cour. Les salles tièdes et la salle chaude avec son bassin étaient chauffées par le sol grâce à un système d’hypocauste reconnaissable à ses briques empilées. Dans le vestiaire au dallage usé, on voit une banquette où les usagers s’asseyaient pour se dévêtir.

 

 

Découverte de la Crypte et de l’exposition Dans la Seine. Objets trouvés de la Préhistoire à nos jours. Elle dévoile également les vestiges exceptionnels conservés dans la Crypte archéologique.