En 2023, il fêtera le dixième anniversaire de sa marque, Officine Générale. L’entrepreneur, qui ouvre cette année une boutique à Los Angeles, une autre à Aix en Provence, et une seconde à New York, aime à répéter : « Le luxe est la main de l’homme, l’empreinte du temps. Si la matière est belle, si un vêtement a une « belle » main, il durera. Le toucher est au cœur de son histoire. Celui d’un petit-fils de tailleur, qui avait deux loges, « tout était classé par qualité et par couleur, draps, popelines, batistes de coton, et même cravates non doublées pour l’été, et pour l’hiver, flanelles moyennes, velours, fouets, laine cravates pour l’hiver.

J’ai gardé sa gamme de couleurs, écru, beige, gris moyen, bleu marine, noir… Il avait des magasins de tissus, et j’avais pas dix ans, quand il m’a appris ce qu’était un Joshua Ellis, un poil de chameau… » Pierre Mahéo, qui dirige une entreprise de 57 personnes, reconnaît que pour comprendre un tissu, il faut « fermer les yeux, se déconnecter du visuel ». Il est même allé jusqu’à développer des qualités exclusives pour les sacs de poche… « Je sélectionne tous les tissus, je sais pourquoi je les choisis. Je trouve toujours une profondeur de poche à régler pour y glisser son IPhone… Il faut porter le produit pour comprendre ses défauts.

Je suis un consommateur avant tout. J’admire ceux qui font des pièces importables, mais un manteau d’hiver avec une énorme manche qui fera un trou de courant d’air, je ne comprends pas. Je suis mon premier client, tout ce que nous développons est vraiment une question de confort. Ce que j’adore, c’est prendre des vêtements utilitaires et les renouveler à travers des matières qui les ennoblissent, leur donnent une nouvelle fonctionnalité.

La main le guide : « Je n’aime pas les détails inutiles. Une patte de boutonnage doit être accessible, un col doit pouvoir monter à la bonne hauteur, sans manger le menton. D’où cette exigence particulière : « arriver à arbitrer entre chute et mollesse, pousser le curseur à l’extrême, garder à la fois souplesse et tenue. Si l’émeri permet de donner un côté pelucheux, il faut le maîtriser. Pierre Mahéo promet pour l’été 2023, « des pantalons si légers qu’ils donnent la sensation de ne presque rien porter, 160 grammes en poids linéaire, un poids chemise. Un ange passe.

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