lun. Juil 22nd, 2024
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Versailles est synonyme de grands décors sculptés, dorés et surtout peints, dont Noël Coypel fut l’une des figures marquantes au XVIIe siècle. Il ne pouvait donc y avoir de lieu plus approprié que le château de Versailles pour évoquer ces grands ensembles, véritables temps forts de l’oeuvre de cet artiste aujourd’hui méconnu, dont la carrière a pourtant été menée sous les ors du pouvoir.

 

Fondateur d’une dynastie de peintres, Noël Coypel (1628 – 1707) s’illustra brillamment dans plusieurs domaines : plafonds peints, tableaux d’autel, cartons de tapisserie, peintures de chevalet. Après avoir reçu une première formation à Orléans, il revint à Paris et participa aux décors de l’opéra Orfeo de Luigi Rossi.

Repéré à cette occasion par le peintre Charles Errard, en charge des peintures des appartements royaux, le grand décor devint la partie essentielle de son activité :le parlement de Bretagne à Rennes tout d’abord, puis les demeures royales ou encore, au crépuscule de sa vie, les Invalides. Certains de ces ensembles ont aujourd’hui disparu – au Louvre, à Fontainebleau, au Palais-Royal, et même ceux du premier Versailles – d’autres ne sont connus que par quelques tableaux, qui seront présentés à l’exposition.
En parallèle, Noël Coypel gravit avec brio les échelons de la carrière académique. Reçu en 1663 à l’Académie royale de peinture et de sculpture, il fut dès 1664 nommé professeur, avant de prendre la tête de l’Académie de France à Rome de 1672 à 1676, puis celle de l’académie parisienne en 1695.

 

Noël Coypel (1628-1707)

Noël Coypel est né le 25 décembre 1628 à Paris, d’un marchand normand, Guyon, et de son épouse, Marie Tillart. Dans sa jeunesse, il fut quelques mois l’apprenti de Pierre Poncet, un ancien élève du peintre Simon Vouet, à Orléans. De retour à Paris, il participa en 1646- 1647 à la réalisation des décors de l’Opéra Orfeo de Luigi Rossi. Charles Errard, peintre renommé qui avait reçu plusieurs prestigieuses commandes, le remarqua. Ainsi débuta une longue collaboration entre les deux artistes. Le duo fut chargé dès 1655 de plusieurs décors au Louvre, pour les souverains. Puis, Noël Coypel débuta en 1656, sous les ordres d’Errard, la réalisation de ce qui reste son oeuvre la plus insigne : le plafond de la Grand’Chambre du parlement de Bretagne à Rennes. Coypel épousa en 1659 Madeleine Hérault, fille du peintre Antoine Hérault et soeur du peintre de paysages Charles Hérault avec qui Noël Coypel collabora.

Leur premier enfant, Antoine (1661-1722), sera plus tard Premier Peintre du Roi. Noël Coypel peignit en 1661 le may des orfèvres pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, Saint-Jacques, conduit au supplice, guérit un paralytique et pardonne à son accusateur.

La collaboration entre Coypel et Errard s’acheva dans les années 1660 et Coypel se rapprocha de Charles Le Brun, nommé Premier Peintre du Roi en 1664, et de Jean- Baptiste Colbert, alors directeur des Bâtiments du Roi.
À partir de 1662, Coypel réalisa ses premiers décors pour Versailles dans les petits appartements du Roi et de la Reine (décors aujourd’hui disparus). D’autres commandes royales suivirent : le grand cabinet du Roi au Palais-Royal ou encore l’appartement de la reine mère à
Fontainebleau.
Il fut reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1663 et élu professeur l’année suivante.
Les commandes royales continuèrent : l’appartement de commodité du Roi aux Tuileries peint à partir de 1667, puis le décor des salons de Jupiter et de Saturne du Grand Appartement du Roi à Versailles, qu’il entreprit avant sa nomination en 1672 en tant que directeur de l’Académie de France à Rome.

Son style évolua également à la faveur de son séjour et de la découverte, notamment, de l’école bolonaise et d’un grand nom de la peinture française, Nicolas Poussin, mort en 1665 à Rome. C’est dans la Ville éternelle que Coypel peignit quatre épisodes de l’histoire de la Rome antique destinés à orner les voussures du salon de Jupiter à Versailles. Ces oeuvres sont particulièrement marquées par l’influence de Poussin.
Il rentre en France en 1676 et poursuit ses activités sur le chantier de Versailles et ses enseignements à l’Académie.
En 1682, son épouse Madeleine décéda. Il se remaria avec Anne-Françoise Perrin en 1685 avec qui il eut quatorze enfants, dont Noël-Nicolas Coypel (1690-1734) qui fut peintre à son tour.
Colbert mourut en 1683 et fut remplacé par Louvois en tant que directeur des Bâtiments du Roi. Ce dernier engagea Coypel à participer en 1688 à la réalisation du décor du Trianon de Marbre, dont la construction avait débuté un an auparavant : il peignit à cet effet deux séries de tableaux, l’une consacrée à Apollon, l’autre à Hercule, et deux séries de tapisseries dont il avait créé les cartons représentant Apollon, les Quatre Saisons et les Mois arabesques. Louvois mourut en 1691 et fut remplacé par Colbert de Villacerf qui continua à solliciter le peintre.
En 1690, Coypel fut nommé recteur de l’Académie royale de peinture et de sculpture, puis directeur en 1695.
Toutefois, il sera démis de ses fonctions en 1699 par Jules Hardouin-Mansart, qui, une fois à la tête des Bâtiments du Roi, lui préféra Charles de La Fosse.
Vers la fin de sa carrière, Coypel se concentra sur la peinture religieuse. Son dernier grand chantier fut la réalisation du cul-de-four de l’église du Dôme des
Invalides, entre 1702 et 1704, avec La Sainte Trinité dans la gloire et L’Assomption de la Vierge. Il mourut le 24 décembre 1707, la veille de ses 80 ans.

 

Cette première exposition consacrée à Noël Coypel met à l’honneur l’artiste à travers une sélection de 90 oeuvres (peintures, dessins, cartons de tapisserie, etc.) présentées au sein du Grand Trianon et au château de Versailles dans la salle des gardes de la Reine, sous un décor qu’il a lui-même réalisé et qui a fait l’objet d’une restauration entre 2015 et 2017. En prolongement de cette exposition, le musée des Beaux-Arts de Rennes organisera à son tour une exposition sur l’ensemble de la carrière du peintre du 16 février au 5 mai 2024.

Du 26 septembre 2023 au 28 janvier 2024 – Grand Trianon et Salle des gardes de la Reine