VILLAGES D’ALPINISME

Alors que l’alpinisme est désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, sept hauts lieux des Écrins ont lancé en 2022 une initiative commune. Leur souhait, réenchanter leurs villages, promouvoir un alpinisme authentique et respectueux, transmettre la tradition aux nouvelles générations, sensibiliser le public à la beauté fragile du milieu naturel montagnard, mieux le préserver tout en continuant à vivre en haut du haut.

Les installations de l’artiste Philippe Echaroux, intitulées Lumière sur les villages d’alpinisme des Écrins, seront incontestablement l’un des temps forts de cette dynamique collective en 2022.

LE MANIFESTE

Élus, professionnels et habitants des hautes vallées des Écrins ont créé le club des villages d’alpinisme. Ce club est à la fois un cercle de discussion et d’initiatives communes. Son manifeste s’articule autour de quatre axes :
• réenchanter les villages historiques de l’alpinisme
• promouvoir des pratiques accessibles et respectueuses du milieu naturel
• transmettre les valeurs montagnardes aux jeunes générations
• participer à la préservation de l’environnement et la promotion d’un tourisme soutenable

LUMIÈRE SUR LES VILLAGES D’ALPINISME

Quoi de mieux que l’art pour interpeller, susciter une émotion, faire passer un message ?
De juin à septembre 2022, les villages d’alpinisme des Écrins s’illumineront grâce aux installations monumentales de l’artiste Philippe Echaroux. Une performance qui trouve sa source dans les relations nque l’homme entretient avec son environnement, celles des habitants des villages d’alpinisme des Écrins avec leurs villages et la haute montagne.

La Grave, Villar-d’Arène, Le Monêtier-les-Bains, Vallouise-Pelvoux, La Chapelle-en-Valgaudemar, nSaint-Christophe-en-Oisans et Valjouffrey.
Tout commence et tout finit ici : les courses d’alpinisme vers le Grand Pic de la Meije, l’Olan ou les Aiguilles de la Bérarde, l’itinérance du Grand Tour des Écrins par le GR54, l’escalade sur les falaises d’Ailefroide, les randonnées vers l’un des trente refuges du massif comme le fameux refuge de l’Aigle, les balades en famille à destination du Voile de la mariée au Gioberney ou du Pré de Madame Carle à Ailefroide, le spectacle des glaciers et des lacs d’altitude. Sept villages d’alpinisme dans les Écrins, autant de camps de base au sein du parc national éponyme. Des villages où bat le coeur d’hommes et de femmes de passion, les gardiens de refuges, les guides de haute montagne, les gardes, les scientifiques du parc pour qui le partage et la solidarité sont le reflet de l’identité et des traditions montagnardes. Des lieux de transmission où vit la culture de l’alpinisme depuis des générations.

FORTS EN CARACTÈRE ET FACILES D’ACCÈS

Chaque village d’alpinisme est singulier, il compose avec son milieu naturel. Selon vos déplacements vous vous laisserez cueillir par la beauté simple des toits de chaume, des bardages en mélèze, des voûtes, des arcades, des caves isolées, des vieilles pierres    de tuf ou de calcaire bleu taillées, des fontaines et humbles face à la puissance des éléments. Les activités de montagne y sont légion tant les sommets, les vallées, les glaciers, l’eau vive qui court sont de beaux terrains de jeux. Contrairement aux idées à la peau dure, chacun peut les pratiquer à son niveau, quel que soit son âge. Là-haut, l’émotion du dépassement de soi est universelle, celle de la contemplation aussi. Les visites culturelles, les lieux d’éveil que sont les maisons du parc, la vie de village qui facilite les rencontres avec les figures locales, les artisans ou les producteurs ne manquent pas.

SENSIBLES DE NATURE

Plantés en haute montagne les villages d’alpinisme sont en première ligne du réchauffement climatique : recul des glaciers, éboulements rocheux, érosions, crues torrentielles, changements de végétation. Ils sont surtout à portée de marche d’une incroyable biodiversité. Plus de 4 500 espèces animales et végétales y sont recensées. Certaines sont emblématiques, comme le bouquetin réintroduit en 1977, le chamois, le lagopède alpin, le gypaète barbu, quelques insectes discrets et menacés comme le criquet des torrents, bien sûr des conifères, la reine des Alpes ou quatre espèces de génépi dont le rarissime génépi des glaciers. Une nature aussi belle que fragile.

UN MASSIF, SEPT VILLAGES À DÉCOUVRIR

La Chapelle-en-Valgaudemar, Vallouise-Pelvoux et Ailefroide, le hameau du Casset à Monêtier-les-Bains, Villar-d’Arène, La Grave, Saint-Christopheen- Oisans la Ville, Le Désert-en-Valjouffrey.
À l’image des camps de base des grandes expéditions et tout l’imaginaire qui l’accompagne, les villages d’alpinisme sont des lieux de départ historiques des grandes courses d’alpinisme vers des sommets emblématiques. Ce sont des lieux de préparation vers l’aventure, la promenade ou la randonnée vers une des particularités du massif : un sommet, une cascade ou un point de vue spectaculaire.
Venir dans un village d’alpinisme c’est un peu se déconnecter de la société et se reconnecter à la nature en montagne.
« Rien n’est plus beau que les choses simples » dit-on ici. Des lieux où la convivialité et le partage sont les reflets de l’identité et des traditions montagnardes. Des montagnes où bat le coeur d’hommes et de femmes gardiens de refuges, guides de montagne ou secouristes, qui, depuis toujours, dans cette nature sauvage et préservée, cultivent fièrement le sens de l’hospitalité et de la solidarité. Des lieux où sont ancrés la culture de l’alpinisme depuis des générations, une activité à la fois historique et en devenir, des valeurs que l’on souhaite partager et faire perdurer.

L’ARTISTE


Philippe Echaroux, photographe, portraitiste, né en 1983 à Marseille, est le précurseur du Street Art 2.0. Un Street Art doux par la forme (projection lumineuse) mais fort et impactant dans les messages qu’il exprime. Il investit les villes avec ses projections lumineuseséphémères : Barcelone, Marseille, Paris, La Havane, Cran Montana, etc. L’artiste choisit méthodiquement le site qu’il souhaite « éclairer » de son installation : un bâtiment, un arbre, un pont, une façade. Il projette de nuit ses photographies et ses graffs. En avril 2016, il donne ainsi une nouvelle dimension à son oeuvre, avec une première mondiale : du Street Art engagé réalisé au coeur de la forêt amazonienne. Il photographie les visages d’indiens de la tribu Suruí pour projeter leur image sur les arbres de la forêt primaire. Outre la portée esthétique du travail de l’artiste qui s’approprie son environnement avec évidence et joue harmonieusement avec la lumière et les couleurs végétales, l’objectif du projet est particulièrement politique afin d’alerter l’opinion internationale. Les visages d’une tribu qui se fondent dans une forêt qui disparaît, prennent la couleur d’un engagement politique et écologique de l’artiste pour le poumon vert de la planète et son histoire.

Philippe Écharoux est un artiste impliqué. Il est particulièrementsensible aux catastrophes écologiquesqui frappent notre planète. Autant de bonnes raisons qui l’ont conduit à mettre en lumière les villages d’alpinisme des Écrins.

L’INTERVIEW

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