sam. Juin 15th, 2024

À l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de Louis-Philippe, le 6 octobre 1773, le château de Versailles met à l’honneur le dernier souverain à l’avoir transformé. Du 6 au 8 octobre 2023, dans le Château, des médiateurs présenteront aux visiteurs les espaces et les oeuvres les plus emblématiques du musée dédié « à toutes les gloires de la France » inauguré par Louis-Philippe en 1837. Au Grand Trianon, des visites guidées permettront au public de découvrir les lieux de vie intimes du roi et de sa nombreuse famille.  

Les galeries historiques, Le projet de louis-philippe pour versailles

Au XIXe siècle, Louis-Philippe décide de transformer le château de Versailles en musée. Il souhaite ainsi apaiser les esprits et réconcilier les Français après quarante années de bouleversements politiques (1789-1830). Le roi décide donc de créer des Galeries historiques où sont présentés les événements majeurs qui ont fait la gloire du pays. Le projet, lancé en 1834, est confié à l’architecte du palais, Frédéric Nepveu. Louis-Philippe suit le chantier avec beaucoup d’intérêt, et, de 1834 à 1847, fait près de 400 visites à Versailles, donnant ses instructions et réglant jusqu’au moindre détail. Le musée est inauguré officiellement en juin 1837, il embrasse l’histoire nationale depuis les débuts de la monarchie chrétienne, incarnés par Clovis, jusqu’à sa propre accession au trône en 1830. Pour cet aménagement de nouveaux espaces sont créés dans le Château, à l’image de la galerie des Batailles, de la salle de 1830, des salles consacrées à l’Empire, ou encore de la salle du Sacre et des salles des Croisades. Près de 6 000 oeuvres (dont plus de 3 000 spécialement commandées) sont alors rassemblées à Versailles pour constituer ce nouveau musée.  

Au Grand Trianon, les appartements privés de Louis-Philippe

En 1835, Louis-Philippe décida de s’installer à Trianon pour surveiller les travaux de transformation du Château en musée. Le souverain convertit alors le Grand Trianon, jusqu’alors utilisé comme simple résidence d’été par ses prédécesseurs, en résidence familiale moderne. Des appartements d’apparat sont aménagés pour Louis-Philippe et Marie-Amélie et une partie du palais est transformée pour accueillir les pièces de vie de leur nombreuse famille. Par exemple, on aménagea dans la chambre et le salon du premier appartement de Louis XIV un vaste salon de famille, permettant de se retrouver le soir. Dans le salon adjacent, on installa un grand billard d’acajou à l’usage des fils du souverain et des hommes de la suite. La galerie, quant à elle, devint une vaste salle à manger. Si le mobilier installé sous l’Empire est conservé, les appartements sont réaménagés et complétés avec des éléments plus confortables, comme des sièges capitonnés ou des chaises légères, favorisant les réunions familiales. Louis-Philippe avait par ailleurs besoin d’un appartement de travail. Il fit alors aménager plusieurs pièces s’articulant autour d’une vaste chambre-cabinet, aux murs tendus d’une percale fleurie très élégante et composée d’un mobilier assez simple. Cette pièce, communiquant avec le cabinet du Roi, servait à la fois de pièce de repos et de travail avec à proximité une bibliothèque et l’appartement du secrétaire du souverain.

L’ameublement de la chambre-cabinet a été restitué en 2021 (sur la base de l’inventaire de 1839), les murs sont depuis lors tendus d’une toile Perse fond blanc à gros bouquets, conforme à la description des inventaires et réimprimée d’après des éléments conservés. Ce choix d’un textile présentant dix couleurs imprimées à la planche est sans doute un écho de l’anglomanie de Louis-Philippe, celui-ci ayant pu voir lors de son exil en Angleterre des toiles de ce type qui rencontraient alors un grand succès.Assez simple et faisant la part belle à l’acajou, le mobilier est tiré des réserves du Garde-Meuble, comme la longue bibliothèque basse, localisée aux Tuileries avant la Révolution. Il est complété par des éléments contemporains de Louis-Philippe, comme les chaises confortables capitonnées ou le lit de repos à coffre, placé sur le mur gauche, qui présente un système gigogne permettant de se déplier. Sur les murs sont aujourd’hui présentés de nombreux tableaux évoquant la vie de Louis-Philippe, son entourage ou les demeures qui lui étaient chères. Une salle de bain jouxte cette chambre. Dans l’ancien appartement du secrétaire du roi, situé à immédiate proximité de l’appartement privé de Louis-Philippe, une pièce évoque l’ameublement des appartements des fils du souverain, qui logeaient alors dans l’aile de Trianon-sous-Bois (largement transformée dans les années 1960 par le général de Gaulle). Le Grand Trianon a été utilisé par Louis-Philippe et sa famille dès 1833 et jusqu’à la fin du règne. De simples visites de passage en courts séjours, ils s’y sont rendus durant les travaux d’aménagement des Galeries historiques, quelques grandes réceptions s’y sont également déroulées. Le dernier séjour du roi date de février 1848, durant son trajet vers l’exil.