jeu. Juin 13th, 2024

Vente Hôtel Drouot salle 9 – Mardi 6 juin à 18 h – Giquello

 

vENTE TENTATION°I
Vente aux enchères – Hôtel Drouot – 9 rue Drouot Paris 9e
Salle 9 – Mardi 6 juin 2023 à 18h
Expositions publiques – Hôtel Drouot – Salle 9
Samedi 3 juin 2023 de 11 h à 18 h
Lundi 5 juin 2023 de 11 h à 18 h
Mardi 6 juin 2023 de 11 h à 18 h

 

Exposition hors les murs
13 rue des Archives Paris 4e
Ouverte tous les jours du lundi 15 mai
au jeudi 1er juin de 14 h à 20 h
(sauf les dimanches)

 

Une vente inédite, c’est ce que va proposer la maison Giquello avec son catalogue Tentation°1 le 6 juin 2023.

Un catalogue réduit à une quinzaine de lots uniquement dans le domaine de l’exception.
Cette vente
éclectique présentera une sélection d’œuvres parmi les plus rares et les plus étonnantes. Objets de collection uniques et performance artistique seront les invités de ces enchères pas comme les autres.

Une vente « ovni », à l’image du premier lot, une météorite qui nous entraînera à travers un voyage temporel, du Jurassique au Paléolithique, des rois de France aux arts d’Asie & d’Océanie, pour arriver au XXe siècle et aux œuvres du grand maître MODIGLIANI. Embarquée à bord d’une voiture de légende des années 60, la vente se poursuivra avec les sculptures de FONTANA et ARMAN, jusqu’à l’art conceptuel d’ALbERTO SORbELLI et à cette performance unique.

 

 

AMEDEO MODIGLIANI (1884-1920), artiste emblématique de l’École de Paris, occupera une place de choix dans cette vacation.

Peintre et sculpteur, MODIGLIANI a laissé derrière lui environ 400 toiles. Marqué par la Renaissance italienne et les arts premiers, l’artiste invente son propre langage artistique, entre tradition et modernité, s’inspirant des courants issus du postimpressionnisme.

Centré sur la représentation de la figure humaine, il s’est illustré dans deux genres majeurs de la peinture : le nu féminin et le portrait. Il portraiture ainsi ses muses et modèles, ses proches, peintres, écrivains, poètes, toutes les figures de la bohème parisienne, notamment son ami MAX JACOb, dont un dessin de 1915 figure au catalogue.

Modigliani rencontre MAX JACOb à son arrivée à Paris en 1906. Il entretient avec le poète une complicité, appréciant sa sensibilité, son humour, son savoir et partageant son intérêt pour le mysticisme et la culture juive. Il réalise cinq dessins et deux toiles de MAX JACOb entre 1915 et 1917, l’un avec chapeau conservé au Musée de Dusseldörf et l’autre sans au Musée de Cincinnati. L’artiste fait ici apparaître son modèle avec un œil droit sans pupille, comme sur le portrait du poète, conservé au musée des Beaux-Arts de Quimper.

Contrairement à cette étude préparatoire, traitée dans un style cubiste, ce dessin apparaît plus en courbe, ce qui laisse supposer qu’il s’agit du plus ancien de la série.

Les années 1917-1919 correspondent à un pic de sa production picturale. Fuyant les bombardements, MODIGLIANI réside pendant treize mois dans le sud de la France, avec sa compagne JEANNE bUTERNE alors enceinte de leur fille. Une période où l’artiste, plus apaisé, s’est éloigné de ses démons et peint des anonymes, gens du peuples, paysans, enfants, domestiques. Il s’attache davantage à saisir un type de personne et non plus une in- dividualité, comme avec ce tableau de La Bourguignonne, exécuté en 1918.

 

Cette dernière, dans sa composition, reprend les codes stylistiques de l’artiste, un portrait en buste avec une absence de décor, des traits délicats simplifiés, des yeux en amandes, asymétriques et sans pupilles, héritages de la statuaire antique et des arts non occidentaux, un cou allongé inspiré des figures du maniérisme et une palette limitée. De cette beauté idéale se dégage une forme de sérénité poétique tant recherchée par l’artiste.

Le tableau de La Bourguignonne est vendu dès 1918 par LÉOPOLD ZbOROWSKI, marchand d’art en charge de la carrière de l’artiste.

Il rejoint alors les collections
de ROGER DUTILLEUL (1872-1956), mécène et collectionneur d’art, qui l’achète pour 250 francs. Amateur des œuvres de MODIGLIANI, il s’agit du deuxième tableau de l’artiste à rentrer dans sa collection. Un an plus tard, ROGER DUTILLEUL passe commande d’un portrait au maître italien, une des dernières toiles du peintre, qui décède quelques mois après. Le mécène a continué d’acquérir des œuvres du maître. En 1925, celui-ci possédait trente-quatre tableaux et vingt et un dessins de MODIGLIANI.
ROGER DUTILLEUL conserve toute sa vie le tableau de La Bourguignonne. Il va ainsi le prêter lors de diverses
expositions. Dès 1920 celui-ci figure dans l’exposition rétrospective des œuvres de MODIGLIANI,
ayant lieu
à la galerie Montaigne, sous le numéro 27.

Le tableau est de nouveau exposé à la fin de l’année 1935, dans l’exposition Peintres instinctifs, Naissance de
l’Expressionnisme, organisée par la Gazette des Beaux-Arts à Paris ; puis du 21 décembre 1945 au 31 janvier
1946, dans l’exposition consacrée à MODIGLIANI, à la Galerie de France.

En 1949, La Bourguignonne est reproduite par l’UNESCO dans le Catalogue des reproductions en couleurs de la peinture de 1860 à 1949.
En 1954, la toile est à nouveau révélée par la revue Plaisir de France qui consacre un article au collectionneur
« Monsieur Dutilleul, un dénicheur d’artistes ». Le sujet est alors illustré de plusieurs photographies prises
dans son appartement. La Bourguignonne figure sur l’une d’elles parmi les autres MODIGLIANI du mécène.
ROGER DUTILLEUL décède le 22 janvier 1956 et lègue le tableau à son neveu. Si la collection ROGER DUTILLEUL
et celle de son neveu sont à l’origine du LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et
d’art brut), La Bourguignonne est quant à elle restée auprès des héritiers. Le tableau est répertorié dans les
catalogues raisonnés rédigés par ARTHUR PFANNSTIEL, JOSEPH LANTHEMANN et CHRISTIAN PARISOT. En
2001, un certificat a été établi par Marc RESTELLINI, grand spécialiste de l’artiste.

La Bourguignonne a pu être admirée dans la majorité des expositions consacrées à MODIGLIANI entre 2002
et 2020. On lui connaît une autre version, plus grande, intitulée Petite Servante réalisée en 1919, conservée
au Minneapolis Institute of Art.

Le tableau de 1918 a fait l’objet d’analyses en laboratoire. Une radiographie a ainsi révélé un portrait de
JEANNE HÉbUTERNE sous La Bourguignonne. MODIGLIANI a donc réutilisé une de ses toiles pour réaliser le portrait de cette jeune fille.

La Bourguignonne et le dessin de Max JACOB seront à retrouver du 3 au 6 juin en salle 9 de l’Hôtel Drouot.
L’ensemble des lots (excepté La Bourguignonne) seront à découvrir dans une exposition hors les murs qui se
tiendra du lundi 15 mai au jeudi 1er juin au 13 rue des Archives Paris 4e.

 

MEDEO MODIGLIANI (1884-1920)
La Bourguignonne, 1918
Huile sur toile, signée en haut à droite
55 x 38 cm
Estimation : ~7 000 000 €
Expert Cabinet Maréchaux

 

 

 

AMEDEO MODIGLIANI (1884-1920)
Max Jacob, 1915
Dessin au crayon noir, signé en bas à droite et
annoté « Max Jacob » sur le côté droit.
35 x 26 cm
Estimation : 150 000 – 200 000 €
Expert Cabinet Maréchaux

 

De belles surprises seront à découvrir dans toutes les catégories.

Adoptant un parcours chronologique, la vente démarrera avec la spécialité Histoire Naturelle et la présentation d’un squelette de dinosaure Ornitholestes de la fin du Jurassique. Carnivore surnommé le « voleur d’oiseaux », il n’hésitait pas à s’attaquer à d’autres petits dinosaures.

 

DINOSAURE THÉROPODE CARNIvORE
Ornitholestes sp.
Formation de Morrison, Jurassique Supérieur,
Kimméridgien moyen (environ – 154 millions d’années)
Red Fork Ranch, Kaycee, Wyoming, États-Unis
H. 80 – L. 222 – P. 58 cm
Estimation : 250 000 – 300 000 €
Provenance : Découverte en 2010
– Montage et préparation effectués par le laboratoire
paléontologique Zoic, Italie
– Collection privée, Allemagne
– Hambourg, Red Gallery
– Collection privée, Suisse
Expert Iacopo BRIANO

 

Sa solide mâchoire, ses dents longues et pointues et ses mains puissantes, associées à un déplacement rapide, faisaient de lui un prédateur redoutable. Découvert en 2010 au Red Fork Ranch, Kaycee, Wyoming, États-Unis, ce squelette sera proposé entre 250 000 et 300 000 €.

 

 

CRÂNE DE MAMMOUTH LAINEUX
Mammuthus primigenius
Pléistocène supérieur (- 50 000/-10 000 ans)
Pologne
H. 140 – L. 110 – P. 190 cm
Estimation : 60 000 – 80 000 €
Expert Iacopo BRIANO

 

À ses côtés, se tiendra un crâne de mammouth laineux datant du Pléistocène supérieur (- 50 000 / 10 000 ans avant J.C). Après le succès de la vente du crâne de mammouth des steppes en 2021 adjugé 270 000 € (frais inclus), Giquello proposera un autre spécimen emblématique estimé entre 60 000 et 80 000 €.
Le mammouth laineux, espèce proche de l’éléphant se caractérise par un manteau composé de trois couches de poils, une petite trompe et de longues défenses incurvées. Nul doute que ce spécimen aux dimensions impressionnantes saura fasciner les amateurs.

 

 

PANHARD-CD PROTOTyPE #LM64-02 – LE MANS I964

– Un des plus importants proto- types de l’histoire des 24 Heures du Mans
– La voiture la plus aérodynamique du monde produite à 2 exemplaires
– Châssis #LM64-02, numéro de course 44, pilotée par Alain Bertaut et André Guilhaudin au cours de la légendaire édition de 1964 des 24 heures du Mans
– Capable d’atteindre 230 km/h pour seulement 70 ch
– Développée en 1964 dans le Laboratoire Aérodynamique Gustave Eiffel, La Panhard-CD LM64 ouvre l’ère de l’aérodynamique moderne
– Homologuée pour la route, LM64-02 est en parfait état de fonctionnement

Estimation : 600 000 – 1 200 000 €
Expert Nicolas Jambon Bruguier

 

Parmi les objets d’art, figureront au catalogue :


un document exceptionnel de 1520 retraçant la GÉNÉALOGIE DES ROIS TRÈS CHRÉTIENS DE FRANCE ;
un SERRE bIJOUX, estampillé E. Brunet, d’après le modèle réalisé par Jacob pour l’Impératrice Joséphine ;
un CASqUE DE SAMOURAI DE TyPE HOSHI-bACHI de l’époque Momoyama (1573 – 1603) /début époque Edo (1603 – 1868) ;
une IMPORTANTE STATUE MOAI KAvAKAvA de l’Ile de Pâques ;
un FAUTEUIL NAUTILE vers 1914 de Paul IRIBE (1883-1935) ;
une paire de sculptures de LUCIO FONTANA (1899-1968) de 1967, Concetto Spaziale, Nature ;
une combustion de violoncelles brisés dans du plexiglas de FERNANDEZ ARMAN (1928-2005) intitulée
Roméo et Juliette ;
une montre AUDEMARS PIGUET ROyAL OAK réf. 15128st.

 

 

Quand l’art conceptuel s’invite aux enchères.

MySTÈRE D’ALbERTO SORbELLI

Dernier lot de la vacation mais première dans l’histoire des enchères, l’œuvre d’ALbERTO SORbELLI Je veux
glisser une œuvre à l’intérieur d’un individu, questionnera notre rapport à la propriété, en mettant en vente un
mot. Il ne sera donc pas question de vendre un objet mais de changer l’immatériel en œuvre d’art. Ici l’œuvre
d’art se matérialise dans cet acte de transmission entre l’artiste et l’adjudicataire.
Pour connaître la teneur de cet échange, ou plutôt de ce mot, une seule manière, remporter l’enchère.
Par cette performance unique, Giquello renouvelle le concept des enchères. Contrairement à l’accoutumée,
l’adjudicataire de ce lot ne remportera pas un objet, mais sera le seul détenteur de la clé du mystère de cette
vacation. Car ce mot, une fois révélé à l’adjudicataire, ne peut être dévoilé, par l’acheteur ou l’artiste. Il sera alors
la propriété de l’acquéreur, et seul le propriétaire pourra le révéler au futur acheteur, si celui-ci souhaite s’en
séparer. Si l’enchérisseur devient propriétaire du mot, il devient également le gardien d’un secret.
Afin de pouvoir mener à bien cette vente, cette démarche artistique a fait l’objet d’une réflexion sur le plan
juridique. ALbERTO SORbELLI s’est adressé aux notaires Maître bENJAMIN DAUCHEZ et Maître AMANDINE
PASSOT qui ont pu établir un acte contenant un dépôt de confiance et les conditions de la révélation du mot.
ALbERTO SORbELLI a donc déposé aux notaires, le mot et son explication dans une enveloppe cachetée. Lors
de la première vente, le mot sera révélé verbalement à l’oreille de l’acquéreur par l’artiste, en présence de deux
notaires. Ceux-ci, gardiens de l’enveloppe, ne pourront en connaître le contenu.
Lors de ventes successives, le propriétaire sera à son tour chargé de révéler et de relater le contexte du choix
du mot, et chaque acquéreur à la revente, devra déposer, à tout notaire de la Société par Actions Simplifiée
dénommée « bENJAMIN DAUCHEZ, CAROLINE DENEUvILLE ET RENÉ DALLEE » , un dépôt de confiance et une
note expliquant le contexte sur le choix du mot, sous enveloppe cachetée.
Les propriétaires successifs du mot auront la possibilité de transmettre par donation ou par legs le droit de
connaître le mot et de le céder. En cas de décès du propriétaire, la personne héritière, prendra connaissance
du contenu de l’enveloppe laissée chez le notaire par son ancien détenteur. Elle devra, à son tour, rédiger une
nouvelle note sous enveloppe cachetée. De la même façon, si une institution fait l’acquisition de cette œuvre,
un seul représentant de l’institution sera désigné pour recevoir cette œuvre, et une procédure notariale s’appli-
quera de la même manière que pour un particulier.
La divulgation du mot par son propriétaire à une autre personne qu’un acquéreur identifié, s’apparenterait
à une destruction de l’œuvre et engendrerait le paiement de dommages et intérêts, dont le montant serait
déterminé par un juge.
Il faudra attendre soixante-dix ans, après le décès d’ALbERTO SORbELLI, pour que cette œuvre tombe dans le
domaine public et que le secret puisse être révélé.